Le Marathon de Paris : Quel pied intégral

Il y a quelques semaines, Bastien a gagné sur Jiwok un dossard pour le Marathon de Paris. Ne pouvant être sur la capitale ce jour là, et après quelques hésitations de ma part, il me l’a donné ! Merci beaucoup Bastien : grâce à toi j’ai vraiment passé une très belle journée.

David était en plein entrainement depuis plusieurs semaines pour boucler son Marathon sous les trois heures. Il m’a dit une fois “si tu le fais, je vais avoir la pression, va falloir que je me bouge” et j’ai retâter le terrain en lui disant que ça ne faisait pas partie de mes objectifs de l’année ce marathon de Paris, même si je récupérais un dossard, la réponse “oui mais même, le fait de savoir que tu seras là…” J’ai donc soigneusement choisi de ne pas lui dire que Bastien m’avait gentiment donné son dossard… Et jusqu’à la ligne d’arrivée, David n’a rien remarqué, mission accomplie !

J’étais quand même dans le doute : on s’est entrainé deux fois la semaine dernière ensemble, genre sortie longue de 27km et une sortie de 8km, curieux pour pour faire des 10km :) j’ai le même plan que lui exactement ! Curieux aussi le régime dissocié ! Mais la ruse à tenue…

Elle a tenue, mais pas devant tout le monde : c’était un secret de polichinelle pour certains ! Virginie était dans la confidence, et David Leurion, le podologue l’était aussi, tout comme Bastien bien évidemment… et en fait quasiment toute la runnosphere… Lors de la dernière Pasta Running Party, j’ai rougi comme une tomate lorsque Nicolas (alias Noostromo) m’a demandé “et toi tu le cours dimanche ?” avant d’ajouté “de toute façon j’ai regardé ton numéro de dossard !”. Et Maya d’en rajouter le lendemain : “je vois le marathon dans ton calendrier Google, c’est normal ?”. Hum !

J’avais donc un beau dossard rouge 3h00, mais Baptiste mon coach m’interdit formellement lors du Running Expo de faire moins de 3h20… il me demande de mettre le frein à main sévère, le Marathon n’est pas un objectif de cette année, je suis là pour me faire plaisir ! Il ne faut pas oublier les 10 000m qui arrivent à grand pas (le premier dans 3 semaines seulement !)

Levé à 5h30, après s’être couchés à 23heures… comment ai-je fais pour me coucher si tard une veille de marathon ?! Toujours est-il que le levé est difficile mais supportable. J’avais préparé la veille mon Gatosport au Spéculoos (qui est ma foi très réussi). J’avais préparé la veille l’ensemble des affaires que je pensais emporter, mais sans en faire vraiment le tri. J’ai choisi de faire le marathon en autonomie totale : j’ai donc pris mon Salomon Advanced Skin XT S-Lab rempli d’un litre d’eau environ, un gel Mulebar Appel Strudel, 2 antioxydants Overstims Abricot Pêche, 1 Energix Vanille, 1 Energix fruit des bois, un coup de fouet et un sprint air (tout ça ! mais j’ai pas tout consommé !). Vers 7h35 Caro se lève pour refaire mon strapping du tendon d’Achille qui était vraiment trop serré (mon running de 20 minutes de la veille m’a bien servi à le jauger…). Et me voila parti vers 8h00 en route pour le grand départ. Quelques touristes aiguillés dans le métro, me voila à George V. Et je m’échauffe.

Je rentre dans le sas 3h en escaladant la barrière, le sas des privilégiés refusant de faire entrer les trois heures, ce qui aurait été beaucoup plus pratique… je grimpe donc  au dessus des barrières, et me voila fin prêt pour le départ. GPS OK, shoe Pod Ok, heartrate monitor ok… Nike Sportwatch Ready to GO !

 Le départ est lancé et je ne me rend pas encore bien compte de ce qui va se passer pendant ce marathon. Je passe la ligne de départ quelques 50 secondes après le coup de pistolet (donné cette année par l’ambassadeur du Japon après 1 minute de silence pour les victimes du cataclysme). Dans la descente de l’avenue des champs Elysée, je prends quelques secondes pour me retourner, un des coureur dans le sas de départ me l’avait conseillé. Et là, je commencer à réaliser ce que c’est que d’être sur un “grand” marathon. Je comprend cette sensation d’être en bas d’une des plus belles avenues du monde, de la voir remplie de coureurs et de se dire : “on est là, tous ensemble, différents, mais réunis pour une même course”. J’ai le sourire au lèvre, ce sourire ne me quittera pas avant le soir, et le moment où je me suis endormi. Le premier kilomètre est avalé en 4’19”.

Nous voila place de la concorde, rue de Rivoli, on avale les tuileries. Je me place à gauche, et j’ai la bonne surprise de voir Caroline et Mireille au croisement du boulevard Sébastopol et de la Rue de Rivoli. Premiers soutiens, sourire continue… tout va bien. Et une première vidéo !

J’arrive place de la Bastille et je double sous l’arche de chronométrage des 5 kilomètres une des associations porteuse d’enfants.
On me voit d’ailleurs très bien sur France trois ! (à droite de l’écran parmi les hommes en orange en train de slalomer !)

500 mètres après la bastille je remarque le maillot d’un Front Runner, l’association qui a organisé la course de la Saint Valentin, je me rapproche pour dire bonjour et merci dans l’euphorie… et nous nous mettons à bavarder tranquillement. Tellement tranquillement que nous arrivons déjà à l’entrée du bois de Vincennes. Jean-Pierre me dit que les pompoms girls des frontrunner seront de la parties à deux endroits au moins ! Et ça ne manque pas… un ravitaillement plus loin plein de pompoms en trans ! (jeu de mot pourri certes). Le bois de Vincennes est assez calme et sa traversée pour moi n’est marquée que par la présence dérangeante d’un coureur déjà en détresse, nous sommes au 14ème kilomètre et la couverture de survie est déjà de sortie. Je suis très triste pour ce coureur.

Jean-Pierre et moi sortons du bois de Vincennes sur les bases d’un 3h12 environ, ce qui me convient très bien… On ne sait pas ce que la fin d’un marathon nous réserve, mais je suis tellement bien que je n’y crois absolument pas et au pire si je craque je m’arrête… mais tout va bien.

La sortie du bois par Charenton me réserve deux surprises : tout d’abord mes supportrices préférées sont là pour m’encourager ! Surprenant, je ne m’y attendais pas du tout à cet endroit là ! Quel réconfort ! Je souris, je suis à l’aise. Et ça nous donne une nouvelle vidéo ! On y voit d’ailleurs égalent un Jean-Pierre souriant !
Quelques hectomètres plus loin, j’ai la joie de croiser mon grand pote Stéphane, qui s’est levé spécialement lui aussi pour venir voir défiler le marathon ! Quelle chance de le croiser là, c’était bien sympa !

Nous voilà avenue Daumesnil et le semi-marathon est en vue. Nous passons à ma montre à 1h35’15” sous l’arche. Jean-Pierre se ravitaille dès qu’il peut alors que je file devant. Je commence à regarder comment gérer “l’attente” à la sortie des ravitos. Je regarde derrière moi, j’encourage, et hop on reprend au bon train.

Le deuxième passage sur la place de la bastille est magique ! Tout ce monde qui est maintenant massé tout autour de nous, toute cette foule ! C’est impressionnant d’émotions ! Je souris, je ris, je prends énormément de plaisir. Je ne souffre pas de la chaleur, car ma poche source me permet de m’humidifier la bouche dès que j’en ai envie. Et une ou deux petite gorgées tous les deux kilomètres, c’est très efficace. Je préfère largement ça à l’obligation de se ravitailler tous les 5km.
Le boulevard Bourdon est un entonnoir de supporter ! Génial ! On est encouragés, soutenus.

C’est au ravitaillement proche de la station de Sully-Morlan que je perds Jean-Pierre, je file en allégeant ma foulée dans la première descente vers les quais de Seine. La température commencer à forcer et l’ombre est toujours la bienvenue. Sous le pont au change, je reconnais un ami que je ne m’attendais pas à voir : Pierre-Olivier ! Je pense que je l’ai surpris en lui tapant sur l’épaule comme ça ! Mais c’était assez magique de le croiser dans cette situation inattendue !

Je suis rejoins par un des meneurs des 3h15 juste avant le grand tunnel. Et je comprends que j’ai légèrement levé le pied depuis quelques kilomètres (que j’ai d’ailleurs fais en 4’40”), je relance un peu l’allure me sentant repousser des ailles. Mais les à-coups des tunnels sont fatigants, il faut vraiment se relâcher dans la descente, s’économiser dans la montée en faisant de plus petites foulées, et relancer en sortie de tunnel…

Vers le 27ème kilomètre l’ARC est postée avec une petite fanfare ! Je les encourage à mon tour par un bons “Aller l’ARC !” Mes pulsations sont toujours aussi basses : 158, je suis vraiment bien, et je comprends que l’enjeu du marathon ne va pas être de finir, mais de bien finir en aidant les autres à bien finir. Place du Trocadéro un stand massage, j’hésite un instant à m’y arrêter : mes cuisses sont assez douloureuses depuis près de 15 kilomètres. Habituellement ce ne sont pas ces muscles qui m’offrent de la douleur, mais plutôt mes mollets… curieux !

Passage devant la maison de la radio, la foule est ici bien trop tranquille ! Une foule qui n’encouragerait pas les coureurs que je vois souffrir ! Ah ça non, ça ne va pas du tout ! Je pousse donc mon premier “Allerrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !”. La foule me répond ! C’est bon j’ai compris ! Ca va être question réponse sur 12 kilomètres ! Génial ! “Alleeeeeeeeeeeeer !” — “Alleeeeeeeeeeeeeer !” cool ça marche la foule qui pousse à nouveau les coureurs ! c’est top !

Les 30 - 33ème kilomètres sont fatals à beaucoup : je vois énormément de coureurs s’arrêter, marcher, souffrir n’en plus pouvoir : je me retourne : j’encourage, je tape dans le dos : je relance ! aller ! Aller on y va ! Plus que 10 kilomètres, facile! On y va les gars ! Dans 45 minutes c’est fini ! Dans 45 minutes vous êtes sur la ligne.

Le stade de Roland Garros : première fois que j’en approche si près ! Je n’ai jamais vu un match de tennis, les travaux vont bon train ! J’entre dans le bois de Boulogne, les ailes poussent le long de mon dos, je suis toujours aussi bien ! Je croise à nouveau Caroline et Mireille : un main qui se tend je la tape ! C’est l’esprit et la joie dans laquelle je suis ! ce qui nous donne cette vidéo !

Me voila dans Boulogne au 36ème : plus que 6 km ! Et là magie encore ! Je harangue les foules, il faut encourager tous ces runners qui ont du mal à poursuivre leurs efforts ! Il faut les pousser à continuer ! Je croise Nicolas et Clara au 37ème km que je surprends ! je suis dans un état second d’ébriété de course pleine d’adrénaline ! Cette rencontre me vaut une magnifique photo ! Je cours même à l’envers pour quelques mètres pour profiter d’eux !

Juste après le 37ème, j’encourage encore quelques runners en perdition et l’un d’eux réagit ! Il ne parle pas français ! Je commence donc à entamer la conversation en anglais : Mathew vient de Londres. Il est fatigué : je l’encourage et lui demande quel temps il vise. Ce sur quoi il me répond qu’il veut se qualifier pour Londres (non : pas les JO) en moins de 3h10. Je lui répond donc aller, vient on va aller les chercher les 3h10. Je prends donc un gel (et fait tomber mon Mule bar ! :( ) Et je me lance un peu. On allège encore la foulée ! On est bien ! Matt parfois se perds un peu derrière moi, je crie alors pour qu’il me rejoigne. Il fait l’effort à chaque fois. Je ne baisse pas le rythme et l’encourage “Come on man, we’ll make it”. Il sourit, fatigué. Nous passons le 38ème kilomètre, plus que 4 et il nous reste 19 minutes pour remplir l’objectif ! “Facile” ! Tout s’enchaine vite, les kilomètres ne se sentent plus c’est l’euphorie de l’arrivée qui pointe son nez.

A plusieurs reprise je lance des “Allerrrrrrrrrrrrrr” pour faire réagir la foule ! Et tant que ça ne bouge pas je continue ! J’y perdrais presque mon souffle mais qu’importe, je suis là pour le plaisir ! Mais qu’importe, le plaisir est au rendez-vous, c’est magique ! Les deux derniers kilomètres, mon sac est quasiment vide de son eau. Je peux donc me laisser aller. 41km… je vole. La place Dauphine est au bout, je lance de belles et longues foulées ! Je crie à la place de s’agiter, de s’émouvoir de ces coureurs ! “Alleeeeeeeeeeeer” “Alleerrrrrrrrrrrrrrrrr” ! Le sprint final se fini sur la ligne par une révérence aux photographes et en tapant dans la main de la mascotte ! Je suis ému au larmes, le sourire est grand ! Je me précipite déjà presque en trottinant vers la sortie. Je suis félicité par Matt qui m’a promis de me recontacter, et alpagué par un autre coureur qui me remercie d’avoir lancer la foulée, il a pu m’accrocher pour finir sous les 3h10.

Je m’empresse de rejoindre le repère R comme Runnosphere ! Je vois un David fatigué, et la question fatidique tombe : “Alors ?” Alors 2h59’05” ! Je suis tellement heureux ! l’objectif est atteint malgré la souffrance et la douleur, malgré l’arrêt et les blessures ! Salvio, Philippe, Christophe, les parents de David, et Virginie sa groupie ! (qui a largement pris soin de moi cette semaine en respectant à la lettre mon régime dissocié !). Les étirements vont bon train ! Je suis rejoint par Caro et Mireille…
David et moi n’avons pas encore eu le temps de partager complètement l’euphorie des moments passés, mais nous savons déjà qu’il y aura sans doute des moments d’euphorie à venir.

J’ai déjà hâte de m’élancer sur d’autres défis, plus fous, plus beaux, plus vite, plus haut… Mais je rêve encore.

Nous nous en allons 45 minutes plus tard après avoir déjà partagé un peu chacun notre course. Je regrette de n’avoir pas vu Seb, Greg et Mathes

Le repas du midi a été quand même bien appréciable : Cochon de lait sauce aux champignons avec ses pommes de terres, et un biscuit chocolat-praliné, avec de la crème de Marron (c’était au chien qui fume en face des halles et c’était délicieux) !

Le résultat donc : 3:09’34” réel 3:10’24” officiel

Merci donc à :
Caroline pour les photo/vidéo/bisous à l’arrivée
Mireille pour les cris, les “c’est tout bon”, mais pas les photos (quoi que la seule que tu as réussi à prendre est géniale…)
David… il y a trop de chose à dire… trop de choses qui passe pour les résumer
Jean-Pierre des Front runner : grâce à toi, j’ai pris beaucoup de plaisir à avancer à un rythme sain en début de course
Stéphane : la prochaine fois c’est moi qui vient t’encourager, ou te servir de lièvre sur un marathon !
Pierre-Olivier ! La bonne surprise
Clara et Nicolas pour la magique photo où ça plane pour moi !
Virginie : ma presque nutritionnistes !
Salvio et Philippe pour le super moment à l’arrivée
La Runnosphere ! (Sans vous on ferait rien)
Et je félicite aussi :
Sebastien
Mathes
Greg
Tous les autres marathoniens !

11.04.11



Marathon de Paris : Toutes les photos !

Salut à tous,

je vais essayer de centraliser ici tous les liens des photos du Marathon de Paris 2011 que je pourrais trouver sur la toile.
Si vous avez d’autres galleries à partager, n’hésitez pas à me le signaler dans les commentaires je les rajouterai à la liste.

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edit : MAJ à 17h07
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edit : MAJ à 22h30 avec les photos de Julien Durden
edit : MAJ 13/04/11 : ajout des photos de OnlyPhotos
edit : MAJ 15/04/11 : ajout Mika & ASO

N’hésitez pas à contribuer en me donnant les liens d’autres galeries !

12.04.11