Bon, ça y est c’est fini…
Le marathon est terminé, et il faut avouer que j’avais besoin de  quelques jours pour digérer l’épreuve… pour être capable de rédiger ces lignes.Il faut avouer aussi que cette  épreuve laisse un grand vide une fois qu’on l’a passée.Il faut  avouer enfin que je vais très rapidement avoir besoin de me fixer un nouvel  objectif…Et c’est là que je me prend à rêver… à rêver à un  second marathon ? A rêver plus grand peut être ? Je ne sais pas  encore…
Toujours est-il que je vais déjà vous raconter celui là…
1. La semaine d’avant…
J’ai respecté mon régime dissocié scandinave (un tout petit peu  modifié) à la lettre ou presque. La première partie du régime est  d’ailleurs je trouve très difficile… Ces 3 jours sans sucres lents ont  pour moi été un moment difficile à passer, heureusement vite oubliés au  premier petit déjeuner avec tartine de pain ! J’ai agrémenté le régime  des trois derniers jours par une prise quotidienne de boisson Malto du  pack Marathon d’overstim’s.Il faut dire également que j’étais en repos  forcé depuis le vendredi précédent à cause de deux vilaines tendinites qui venaient de se déclarer,  l’une sous le genoux gauche, l’autre au tendon d’Achille gauche… ma jambe gauche me fait décidément défaut : c’est la troisième tendinite en un an au tendon d’Achille gauche !Je  suis d’ailleurs allé voir le mardi précédent le marathon un médecin du  sport qui m’a fait une mésothérapie. Je n’ai pas trouvé cela efficace au  premier abord… et le médecin m’a interdit de courir jusqu’au jeudi  soir. J’ai donc effectué une petite sortie de 11km jeudi soit un  footing de 45’ environ. Il s’est révélé lors de cette sortie que la  mésothérapie avait donc été efficace car les douleurs dans le tendon  avaient disparues, seules restaient les douleurs dues aux piqures du  traitement et une légère douleur toujours sous le genoux.C’est donc  serein que je suis allé à Reims samedi
2. Reims le samedi…
Avant d’arriver à Reims je suis passé par Aÿ chercher du  Champagne… en tout bien tout honneur… pas de dégustation pour moi  évidemment !Petit écart au régime dissocié ce jour là tout de même :  je n’ai pas mangé très tôt… vers 16h30 pour un déjeuner, on peut  considérer que c’est tard ! Petit plat de pâtes (pour changer !) et je  suis aller chez mon copain Guiche chez qui je dormais pour la nuit.Je  suis ressorti vers 19h00 pour un dernier footing  de 40 minutes qui a été moyennement douloureux.Petit plat de  pâte au thon le soir (je dis petit volontairement… il ne faut pas  surcharger !). Un vrai régime d’étudiant ! Promis ! Et puis au lit…  vers 22h à tout casser… j’étais fatigué de ma semaine de toute façon,  et Guiche s’en allait cette nuit là en vacance à 2h30 du matin (oui oui  !)
3. L’avant course
Je me suis levé vers 6h45 et déjà quelques messages d’encouragement  matinaux sont arrivés sur mon téléphone (merci rémi/didier/seb et les  autres !) et la runnosphère n’a pas manqué à l’appel non plus ! Merci à  tous ça fait chaud au cœur !J’ai avalé le 1/3 d’un Gatosport avec un  thé… et j’avoue que je ne me sentais pas spécialement bien comme je  l’ai dis sur twitter… stress pré-course ? qui sait…
Toujours  est-il qu’après avoir mangé je suis allé me reposer un peu pour me  relever vers 9h.Me reposer jusque vers 9h30 m’a fait du bien…  puis je me suis habillé…J’ai finalement opté pour le t-shirt à  manche longue. La sortie de la veille m’avait montré à quel point il  pouvait faire froid et je savais que Reims pouvait être venteux… Je me  suis alors enduit de camphre pour me réchauffer… enfilé un jean, une  polaire, un manteau et zou… direction la cathédrale.Je pense que  c’est là que tout a vraiment commencé.J’ai croisé la course du 10km,  en les encourageant ! L’ambiance était bon enfant. En croisant ces  premiers coureurs déjà en compétition, la pression a commencé à monter  pour moi.J’ai rejoint mes parents (spécialement venus à Reims pour  l’occasion pour m’encourager et prendre quelques photos) devant la  cathédrale, vieille de 800 ans dans 201 jours précisément ce jour là…  j’ai eu le temps de remarquer ce détail en m’échauffant… un compte à  rebours est affiché sur le Palais du Tau. J’ai donc fait pendant  quelques minutes les derniers échauffements… en trottinant autour de  Notre Dame. On m’a toujours dit : “l’échauffement c’est 20 minutes et 3  accélérations”… je n’en aurais fait que 10 mais je n’ai pas manqué les  accélérations !
J’ai été très impressionné par le monde qui  m’entourait. Tous ces athlètes, prêts, souriants, sûrs d’eux. Moi je  n’étais pas sûr de moi. L’inconnu était sur la ligne.
4. Le départ
J’avais  décidé de ma stratégie de course le matin même : je tenterai de suivre  le meneur d’allure des 3h pour me réfugier avec les 3h15 si jamais ça  n’allait pas. Je me sentais capable de boucler en 3h15 quoi qu’il  arrivait… 3h c’était autre chose.Je me suis donc positionné pas  trop loin du balon rouge. C’est l’avantage des marathons un peu moins  fréquentés de province. L’accès à la ligne de départ et au sas était  très facile et il n’a pas fallu jouer des coudes pour se placer  convenablement. Contrairement au Paris-Versailles par exemple… et pas besoin d’arriver sur la ligne 30 minutes avant le départ non plus ! J’arrive donc prêt sur la ligne 7 minutes avant le départ.5 minutes avant le départ, les handisports démarrent !Sacs  poubelle qui volent. Sportband synchronisé…Les minutes  s’égrainent et…PANLe coup retentit sur la rue Libergier et nous  nous élançons, certains vers un terrain connu, moi vers l’inconnu…  mais le sourire aux lèvres. Je suis parti pour l’aventure.Je me place derrière notre meneuse  d’allure 3h rapidement, et le premier kilomètre s’écoule tellement  facilement sous les encouragements du public que nous arrivons avec 9 secondes d’avance sur l’horaire  prévue à ce premier km.Les kilomètres commencent à s’enchainer. Le  premier ravitaillement arrive petit cafouillage… je comprends  rapidement que de toute façon je ne m’arrêterai jamais au ravitaillement  et que je prendrai tout “à la volée”. Pour cela la technique de la  prise de gobelet à deux mains est rapidement adoptée…Au bout de  7km une petite descente je me laisse porter et je laisse derrière moi la  meneuse 3h. Je suis une dizaine de mètres devant… et je ne veux pas  perdre mon mètre/maître étalon puisqu’on m’en offre un…10ème  kilomètre J’ai l’occasion de souffler quelques mots à mes voisins… je  me trouve lent, et on me répond que c’est normal à ce stade là…Nous  commençons à former un petit peloton de 3 à 7 personnes en fonction des  rythmes de chacun.J’apprécie l’ambiance tout autour de moi et je  prends plaisir à courir.Beaucoup de jeunes bordent les routes, je me  déporte souvent pour aller leur taper dans les mains. Et on me dit  encore “attention, te déporter comme ça, tu vas le payer sur la fin,  ménage-toi”. Les autres semblent tous avoir de l’expérience… j’ai  l’air d’un jeune premier “qui n’en veut”…
5. Le milieu de course
Le  14ème kilomètre arrive et je le passe à 59’33”. 27 secondes d’avance  sur un planning 3h… je suis bien, et pour la première fois je croise  mes “supporters officiels”.C’est génial à voir. J’ai adoré croiser  mes parents et ma compagne sur le circuit, ça booste le moral. J’ai toujours eu le  sourire en les voyant. Et puis c’est un peu pour eux aussi que je  courrais… et ils le savent… Alors ça fait chaud au cœur.Les  kilomètres s’avalent… à partir du 18ème km environ nous sommes deux à  courir ensemble, à se soutenir à s’aider à s’encourager : les dossards 601  et 811 forment une paire !Ces échanges ont été très encourageants.  Nous avons remonté ensemble bien des coureurs et ça, c’est très  motivant. Ca regonfle les ballons !Passage au semi marathon :  1h30’02”… tiens on est toujours dans les cordes du 3h00…Je  demande à mon collègue combien il vise, la réponse tombe “3h, moins si  je peux”. Je me dis alors que tant que je pourrai suivre, je suivrai…23ème  kilomètre je recroise mes proches Youhou ! Le boost de moral qui fait  plaisir !J’ai appris après le marathon qu’ils m’avaient raté au  passage du semi, qui se trouvait à 1 rond point d’écart avec les petits  détours dans la ville.25ème kilomètre, nous croisons la tête de  course féminine. Quelle allure, quelle grâce… Quelle prestance…  furtif, intense, on encourage… on encourage… et on se reconcentre.Je  prends 3 figues à la volée, j’en offre une à mon collègue et nous  remontons encore quelques marathoniens.Nous voilà arrivés au 28ème  kilomètre. Les jambes sont toujours bien, ça tire pas.C’est là que  je me dis, c’est marrant, aucune douleur sous le genou ou au tendon  d’Achille. Cool. Nous croisons les semi-marathoniens qui passent en sens  inverse et s’apprêtent à rejoindre le Parc des Exposition vers la ligne d’arrivée ! Les encouragements se crient, tant par la foule que de  part et d’autre des plots nous séparant.L’ambiance est décidément  au rendez-vous.
Le 30ème kilomètre approche et je vois pointer au  loin une forme dodue sur la route… Mon père s’est mis en tête de  courir 50mètres avec moi… Lui qui n’a plus ni ménisques ni ligaments  croisés… J’ai trouvé l’attention tellement attendrissante… j’avais  le sourire et la patate dans les jambes après l’avoir croisé… et fait ces quelques enjambées communes  génial ! Quelques photos immortalisent d’ailleurs ce moment ! Merci Caro !Je passe le 30ème kilomètre sans encombre, même s’il est  vrai que l’on commence à sentir que l’on est plus aussi frais qu’au  début.J’ai alors eu une petite difficulté : mes mains étaient  tellement froides que je n’ai pas réussi à ouvrir la poche de mon short pour y attraper un des 3 gels restants. (J’avais en effet choisi de ne  prendre que 4 gels sur moi, j’ai consommé le premier au 5ème km,  l’anti-oxydant, et ma stratégie était de consommer au 25/35/40). Mon  collègue 601 me voyant dans la difficulté me propose alors un de ses gels accrochés eux à sa ceinture (je m’étais refusé le port de la  ceinture car je ne voulais rien autour de la taille pour éviter les  problèmes d’intestins).Les kilomètres s’enchainent encore… mais c’est là qu’on à l’impression qu’ils rallongent.
6. La fin de  course
Le kilomètre 35 approche, et on se dit bon j’ai pas eu de mur  c’est que tout va bien… il reste 7km et je vais bien…Le  ravitaillement du km 36 petit gobelet pris à deux mains… très  rapidement, et là c’est le drame, mon pote 601 ne suit pas, je me  retrouve seul à la sortie du ravitaillement ! Je passe à nouveau un  coureur, qui me dit “tain t’es bien là tu vises quoi comme temps” ce à  quoi je réponds que j’en sais toujours rien que je visais entre 3h00 et  3h15… et que j’étais dans mes cordes mais que je ne sais pas où je  vais… parce qu’on arrive sur les km durs…Je me retrouve solo. Je  regarde dans mon rétroviseur, je ne vois pas grand monde derrière, je  regarde devant moi, ceux devant sont trop loin pour que je puisse  m’accrocher…KM 38 ça commence à tirer un peu.Mes proches me  font une dernière surprise en se positionnant dans un beau virage. J’ai  le temps de voir venir et je tente un grand sourire. Je dis que ça tire  un peu là quand même. Mais quelle importance ce soutien ! La combinaison compagne et parents c’est un truc qui marche (ou qui cours) pour supporter, que c’est bon pour le moral.Mais pour moi c’est là que la course contre le temps  démarre… Si seulement j’avais su… Le Sportband n’a pas de  secondes affichées après 1h de course… je n’avais donc que les  minutes…Le km 39 arrive.C’est long, c’est dur.Un coureur  me rejoint, on est à 500 m du dernier ravitaillement, il me dépasse 50m après je le vois s’arrêter net…Crampe.Le doute commence  progressivement à s’installer, je souffre, ma foulée n’est plus aussi facile.Je sais déjà que je vais finir le  marathon.Je ne peux pas être arrivé jusqu’ici sans finir.S’il  faut je marcherai.S’il faut je ramperai.Mais je finirai.2km  c’est quoi ?C’est 1 tour du Champs de mars à Paris.C’est moins  de 8 minutes quand je me presse un peu…C’est rien !C’est tout !C’est  toute la différence entre 40 et 42km…Le 41ème est là.On  m’avait prévenu, on m’avait dit : “Reims c’est roulant, c’est bien tu  vas voir, mais fais gaffe, le dernier kil, il est en montée”.Je  confirme c’est vrai.Le dernier kilomètre m’a tué.Je passe un  coureur avec un mot d’encouragement.Une caméra est face à moi à  300mètres. Je la fixe en point de mire.La concentration fait  avancer les jambes. Mon visage est déjà un peu tordu par la douleur.  Mais quelle douleur ? Je ne souffre pas tellement en fait, je ne  sais pas ce qui me fait mal, mais je ne suis plus aussi naturel.  J’avance avec la tête, plus avec les jambes.Je suis à 50 mètres du  dernier virage.C’est à ce moment que tout bascule.J’entends “on  arrive à la barrière des 3h” dans le haut parleur qui annonce la fin au Parc des Expositions.Le compte à rebours du commentateur égraine les  secondes.5…le dernier virage est à 10mètres4…le  dernier virage est trop loin…3…je sais qu’il me reste la  dernière ligne droite2…je sais que je ne finirai pas au chrono  officiel en 3h1…Je passe le dernier virageIl reste 100m  environ.Je sprint.Je donne ce que j’ai.
Je passe sous la  ligne d’arrivée en 3H00’15”.Temps couru : 3h00’09”.
Finalement,  j’ai bien payé sur la fin mes détours à la poubelle pour être propre et  ne pas jeter par terre mes gobelets, mes tapes dans les mains des  enfants… et la perte de mon coéquipier au km 35…
7. L’après
Je  rejoins mes proches, j’enfile mon t-shirt “courir contre le cancer“…  je vais me faire masser, je refais la course dans ma tête, j’ai froid… je vais  manger en ville… quelques photos…Et c’est le départ pour Paris.Lundi  je boite.Je n’ai mal nulle part, mais ma jambe a décidé de ne plus  répondre normalement. Ma démarche est saccadée.Mardi je boiteLa  douleur sous le genou réapparait…Mercredi je boiteLa douleur  au tendon d’Achille réapparait elle aussi…Jeudi je me décide à  prendre des antalgiques et des anti-inflammatoires.Ca va mieux. La  douleur est masquée… mais sans doute toujours présente.Je ne vais  donc pas forcer dans les prochaines semaines et plutôt me tourner vers la piscine pour laisser se reposer mes tendons.Je tenterai une petite  sortie en milieu de semaine prochaine probablement.
Mais déjà je  rêve.Déjà je me demande…Quel est mon prochain objectif ?Mon père avait affiché une phrase au dessus de mon bureau quand j’avais 14 ans :

Quel est mon objectif pour l’année prochaine ? Qu’ai-je fais aujourd’hui pour l’atteindre demain ?

Je crois que ça a déterminé toute une partie de ma philosophie de vie. Cette phrase est devenue un vrai guide… et le  marathon a laissé un vide depuis lundi.Un gros vide.J’ai dormi  marathon, j’ai mangé marathon, je suis sorti marathon, j’ai moins vu mes  amis… marathon… Marathon quand tu nous tiens…
J’ai  souffert oui… mais pas autant que ce que j’aurai pu imaginer ou que ce  que l’on m’avait raconté…Recommencer ?Sans doute oui…Quand  ?Je ne sais pas.8. La collecteEn tout cas… le marathon a  pour moi été plus qu’une expérience sportive. ça a aussi été l’occasion  de partager ma solidarité pour la recherche contre le cancer.J’ai  ainsi pu collecter à ce jour 687€. J’ai laissé ouvert encore la collecte  jusqu’à mercredi prochain… en espérant que des âmes généreuses  veuillent participer à ce combat contre le cancer.Je pense que la  course à pied, il ne m’est plus possible de la concevoir sans ce double objectif :  performance personnelle, et don de soi pour les autres.Je cours pour  moi, mais je cours aussi pour d’autres. Je ne veux plus courir sans  partager.Je veux sensibiliser les gens autour de moi, je veux faire  comprendre qu’il est important de partager. Je veux que d’autres  prennent le relais et collectent aussi autour d’eux.Qui prendra le  flambeau ?A vous de me dire…En tout cas… merci à tous pour votre soutiens : Caro, Bernard, Mireille, proches, collègues, runnosphère… sans vos encouragements, ça n’aurait pas été pareil alors MERCI !A bientôt…Franck
PS  :
1. vous pouvez toujours faire des don jusqu’au 27 octobre sur ma page de collecte : http://www.courircontrelecancer.org/francklargeault2. quelques photos et vidéos dans les prochains jours viendront pour  illustrer mes propos :)3. Je sais que cet article est long, mais  n’hésitez pas à laisser un commentaire, ça me fera plaisir.

Bon, ça y est c’est fini…

Le marathon est terminé, et il faut avouer que j’avais besoin de quelques jours pour digérer l’épreuve… pour être capable de rédiger ces lignes.
Il faut avouer aussi que cette épreuve laisse un grand vide une fois qu’on l’a passée.
Il faut avouer enfin que je vais très rapidement avoir besoin de me fixer un nouvel objectif…
Et c’est là que je me prend à rêver… à rêver à un second marathon ? A rêver plus grand peut être ? Je ne sais pas encore…

Toujours est-il que je vais déjà vous raconter celui là…

1. La semaine d’avant…

J’ai respecté mon régime dissocié scandinave (un tout petit peu modifié) à la lettre ou presque. La première partie du régime est d’ailleurs je trouve très difficile… Ces 3 jours sans sucres lents ont pour moi été un moment difficile à passer, heureusement vite oubliés au premier petit déjeuner avec tartine de pain ! J’ai agrémenté le régime des trois derniers jours par une prise quotidienne de boisson Malto du pack Marathon d’overstim’s.

Il faut dire également que j’étais en repos forcé depuis le vendredi précédent à cause de deux vilaines tendinites qui venaient de se déclarer, l’une sous le genoux gauche, l’autre au tendon d’Achille gauche… ma jambe gauche me fait décidément défaut : c’est la troisième tendinite en un an au tendon d’Achille gauche !
Je suis d’ailleurs allé voir le mardi précédent le marathon un médecin du sport qui m’a fait une mésothérapie.
Je n’ai pas trouvé cela efficace au premier abord… et le médecin m’a interdit de courir jusqu’au jeudi soir. J’ai donc effectué une petite sortie de 11km jeudi soit un footing de 45’ environ.
Il s’est révélé lors de cette sortie que la mésothérapie avait donc été efficace car les douleurs dans le tendon avaient disparues, seules restaient les douleurs dues aux piqures du traitement et une légère douleur toujours sous le genoux.
C’est donc serein que je suis allé à Reims samedi

2. Reims le samedi…

Avant d’arriver à Reims je suis passé par Aÿ chercher du Champagne… en tout bien tout honneur… pas de dégustation pour moi évidemment !
Petit écart au régime dissocié ce jour là tout de même : je n’ai pas mangé très tôt… vers 16h30 pour un déjeuner, on peut considérer que c’est tard ! Petit plat de pâtes (pour changer !) et je suis aller chez mon copain Guiche chez qui je dormais pour la nuit.
Je suis ressorti vers 19h00 pour un dernier footing de 40 minutes qui a été moyennement douloureux.
Petit plat de pâte au thon le soir (je dis petit volontairement… il ne faut pas surcharger !). Un vrai régime d’étudiant ! Promis ! Et puis au lit… vers 22h à tout casser… j’étais fatigué de ma semaine de toute façon, et Guiche s’en allait cette nuit là en vacance à 2h30 du matin (oui oui  !)

3. L’avant course

Je me suis levé vers 6h45 et déjà quelques messages d’encouragement matinaux sont arrivés sur mon téléphone (merci rémi/didier/seb et les autres !) et la runnosphère n’a pas manqué à l’appel non plus ! Merci à tous ça fait chaud au cœur !
J’ai avalé le 1/3 d’un Gatosport avec un thé… et j’avoue que je ne me sentais pas spécialement bien comme je l’ai dis sur twitter… stress pré-course ? qui sait…

Toujours est-il qu’après avoir mangé je suis allé me reposer un peu pour me relever vers 9h.
Me reposer jusque vers 9h30 m’a fait du bien… puis je me suis habillé…
J’ai finalement opté pour le t-shirt à manche longue. La sortie de la veille m’avait montré à quel point il pouvait faire froid et je savais que Reims pouvait être venteux… Je me suis alors enduit de camphre pour me réchauffer… enfilé un jean, une polaire, un manteau et zou… direction la cathédrale.

Je pense que c’est là que tout a vraiment commencé.
J’ai croisé la course du 10km, en les encourageant ! L’ambiance était bon enfant. En croisant ces premiers coureurs déjà en compétition, la pression a commencé à monter pour moi.
J’ai rejoint mes parents (spécialement venus à Reims pour l’occasion pour m’encourager et prendre quelques photos) devant la cathédrale, vieille de 800 ans dans 201 jours précisément ce jour là… j’ai eu le temps de remarquer ce détail en m’échauffant… un compte à rebours est affiché sur le Palais du Tau. J’ai donc fait pendant quelques minutes les derniers échauffements… en trottinant autour de Notre Dame. On m’a toujours dit : “l’échauffement c’est 20 minutes et 3 accélérations”… je n’en aurais fait que 10 mais je n’ai pas manqué les accélérations !

J’ai été très impressionné par le monde qui m’entourait. Tous ces athlètes, prêts, souriants, sûrs d’eux. Moi je n’étais pas sûr de moi. L’inconnu était sur la ligne.

4. Le départ


J’avais décidé de ma stratégie de course le matin même : je tenterai de suivre le meneur d’allure des 3h pour me réfugier avec les 3h15 si jamais ça n’allait pas. Je me sentais capable de boucler en 3h15 quoi qu’il arrivait… 3h c’était autre chose.
Je me suis donc positionné pas trop loin du balon rouge. C’est l’avantage des marathons un peu moins fréquentés de province. L’accès à la ligne de départ et au sas était très facile et il n’a pas fallu jouer des coudes pour se placer convenablement. Contrairement au Paris-Versailles par exemple… et pas besoin d’arriver sur la ligne 30 minutes avant le départ non plus ! J’arrive donc prêt sur la ligne 7 minutes avant le départ.
5 minutes avant le départ, les handisports démarrent !
Sacs poubelle qui volent. Sportband synchronisé…
Les minutes s’égrainent et…
PAN
Le coup retentit sur la rue Libergier et nous nous élançons, certains vers un terrain connu, moi vers l’inconnu… mais le sourire aux lèvres. Je suis parti pour l’aventure.
Je me place derrière notre meneuse d’allure 3h rapidement, et le premier kilomètre s’écoule tellement facilement sous les encouragements du public que nous arrivons avec 9 secondes d’avance sur l’horaire prévue à ce premier km.
Les kilomètres commencent à s’enchainer. Le premier ravitaillement arrive petit cafouillage… je comprends rapidement que de toute façon je ne m’arrêterai jamais au ravitaillement et que je prendrai tout “à la volée”.
Pour cela la technique de la prise de gobelet à deux mains est rapidement adoptée…
Au bout de 7km une petite descente je me laisse porter et je laisse derrière moi la meneuse 3h. Je suis une dizaine de mètres devant… et je ne veux pas perdre mon mètre/maître étalon puisqu’on m’en offre un…
10ème kilomètre J’ai l’occasion de souffler quelques mots à mes voisins… je me trouve lent, et on me répond que c’est normal à ce stade là…
Nous commençons à former un petit peloton de 3 à 7 personnes en fonction des rythmes de chacun.
J’apprécie l’ambiance tout autour de moi et je prends plaisir à courir.
Beaucoup de jeunes bordent les routes, je me déporte souvent pour aller leur taper dans les mains. Et on me dit encore “attention, te déporter comme ça, tu vas le payer sur la fin, ménage-toi”. Les autres semblent tous avoir de l’expérience… j’ai l’air d’un jeune premier “qui n’en veut”…

5. Le milieu de course

Le 14ème kilomètre arrive et je le passe à 59’33”. 27 secondes d’avance sur un planning 3h… je suis bien, et pour la première fois je croise mes “supporters officiels”.
C’est génial à voir. J’ai adoré croiser mes parents et ma compagne sur le circuit, ça booste le moral. J’ai toujours eu le sourire en les voyant. Et puis c’est un peu pour eux aussi que je courrais… et ils le savent… Alors ça fait chaud au cœur.
Les kilomètres s’avalent… à partir du 18ème km environ nous sommes deux à courir ensemble, à se soutenir à s’aider à s’encourager : les dossards 601 et 811 forment une paire !
Ces échanges ont été très encourageants. Nous avons remonté ensemble bien des coureurs et ça, c’est très motivant. Ca regonfle les ballons !
Passage au semi marathon : 1h30’02”… tiens on est toujours dans les cordes du 3h00…
Je demande à mon collègue combien il vise, la réponse tombe “3h, moins si je peux”. Je me dis alors que tant que je pourrai suivre, je suivrai…
23ème kilomètre je recroise mes proches Youhou ! Le boost de moral qui fait plaisir !
J’ai appris après le marathon qu’ils m’avaient raté au passage du semi, qui se trouvait à 1 rond point d’écart avec les petits détours dans la ville.
25ème kilomètre, nous croisons la tête de course féminine. Quelle allure, quelle grâce… Quelle prestance… furtif, intense, on encourage… on encourage… et on se reconcentre.
Je prends 3 figues à la volée, j’en offre une à mon collègue et nous remontons encore quelques marathoniens.
Nous voilà arrivés au 28ème kilomètre. Les jambes sont toujours bien, ça tire pas.
C’est là que je me dis, c’est marrant, aucune douleur sous le genou ou au tendon d’Achille. Cool.
Nous croisons les semi-marathoniens qui passent en sens inverse et s’apprêtent à rejoindre le Parc des Exposition vers la ligne d’arrivée ! Les encouragements se crient, tant par la foule que de part et d’autre des plots nous séparant.
L’ambiance est décidément au rendez-vous.


Le 30ème kilomètre approche et je vois pointer au loin une forme dodue sur la route… Mon père s’est mis en tête de courir 50mètres avec moi… Lui qui n’a plus ni ménisques ni ligaments croisés… J’ai trouvé l’attention tellement attendrissante… j’avais le sourire et la patate dans les jambes après l’avoir croisé… et fait ces quelques enjambées communes génial ! Quelques photos immortalisent d’ailleurs ce moment ! Merci Caro !
Je passe le 30ème kilomètre sans encombre, même s’il est vrai que l’on commence à sentir que l’on est plus aussi frais qu’au début.
J’ai alors eu une petite difficulté : mes mains étaient tellement froides que je n’ai pas réussi à ouvrir la poche de mon short pour y attraper un des 3 gels restants. (J’avais en effet choisi de ne prendre que 4 gels sur moi, j’ai consommé le premier au 5ème km, l’anti-oxydant, et ma stratégie était de consommer au 25/35/40). Mon collègue 601 me voyant dans la difficulté me propose alors un de ses gels accrochés eux à sa ceinture (je m’étais refusé le port de la ceinture car je ne voulais rien autour de la taille pour éviter les problèmes d’intestins).
Les kilomètres s’enchainent encore… mais c’est là qu’on à l’impression qu’ils rallongent.

6. La fin de course

Le kilomètre 35 approche, et on se dit bon j’ai pas eu de mur c’est que tout va bien… il reste 7km et je vais bien…
Le ravitaillement du km 36 petit gobelet pris à deux mains… très rapidement, et là c’est le drame, mon pote 601 ne suit pas, je me retrouve seul à la sortie du ravitaillement ! Je passe à nouveau un coureur, qui me dit “tain t’es bien là tu vises quoi comme temps” ce à quoi je réponds que j’en sais toujours rien que je visais entre 3h00 et 3h15… et que j’étais dans mes cordes mais que je ne sais pas où je vais… parce qu’on arrive sur les km durs…
Je me retrouve solo. Je regarde dans mon rétroviseur, je ne vois pas grand monde derrière, je regarde devant moi, ceux devant sont trop loin pour que je puisse m’accrocher…
KM 38 ça commence à tirer un peu.
Mes proches me font une dernière surprise en se positionnant dans un beau virage. J’ai le temps de voir venir et je tente un grand sourire. Je dis que ça tire un peu là quand même. Mais quelle importance ce soutien ! La combinaison compagne et parents c’est un truc qui marche (ou qui cours) pour supporter, que c’est bon pour le moral.
Mais pour moi c’est là que la course contre le temps démarre…
Si seulement j’avais su… Le Sportband n’a pas de secondes affichées après 1h de course… je n’avais donc que les minutes…
Le km 39 arrive.
C’est long, c’est dur.
Un coureur me rejoint, on est à 500 m du dernier ravitaillement, il me dépasse 50m après je le vois s’arrêter net…
Crampe.
Le doute commence progressivement à s’installer, je souffre, ma foulée n’est plus aussi facile.
Je sais déjà que je vais finir le marathon.
Je ne peux pas être arrivé jusqu’ici sans finir.
S’il faut je marcherai.
S’il faut je ramperai.
Mais je finirai.
2km c’est quoi ?
C’est 1 tour du Champs de mars à Paris.
C’est moins de 8 minutes quand je me presse un peu…
C’est rien !
C’est tout !
C’est toute la différence entre 40 et 42km…
Le 41ème est là.
On m’avait prévenu, on m’avait dit : “Reims c’est roulant, c’est bien tu vas voir, mais fais gaffe, le dernier kil, il est en montée”.
Je confirme c’est vrai.
Le dernier kilomètre m’a tué.
Je passe un coureur avec un mot d’encouragement.
Une caméra est face à moi à 300mètres.
Je la fixe en point de mire.
La concentration fait avancer les jambes.
Mon visage est déjà un peu tordu par la douleur. Mais quelle douleur ?
Je ne souffre pas tellement en fait, je ne sais pas ce qui me fait mal, mais je ne suis plus aussi naturel. J’avance avec la tête, plus avec les jambes.
Je suis à 50 mètres du dernier virage.
C’est à ce moment que tout bascule.
J’entends “on arrive à la barrière des 3h” dans le haut parleur qui annonce la fin au Parc des Expositions.
Le compte à rebours du commentateur égraine les secondes.
5…
le dernier virage est à 10mètres
4…
le dernier virage est trop loin…
3…
je sais qu’il me reste la dernière ligne droite
2…
je sais que je ne finirai pas au chrono officiel en 3h
1…
Je passe le dernier virage
Il reste 100m environ.
Je sprint.
Je donne ce que j’ai.

Je passe sous la ligne d’arrivée en 3H00’15”.
Temps couru : 3h00’09”.

Finalement, j’ai bien payé sur la fin mes détours à la poubelle pour être propre et ne pas jeter par terre mes gobelets, mes tapes dans les mains des enfants… et la perte de mon coéquipier au km 35…

7. L’après

Je rejoins mes proches, j’enfile mon t-shirt “courir contre le cancer“… je vais me faire masser, je refais la course dans ma tête, j’ai froid… je vais manger en ville… quelques photos…
Et c’est le départ pour Paris.
Lundi je boite.
Je n’ai mal nulle part, mais ma jambe a décidé de ne plus répondre normalement. Ma démarche est saccadée.
Mardi je boite
La douleur sous le genou réapparait…
Mercredi je boite
La douleur au tendon d’Achille réapparait elle aussi…
Jeudi je me décide à prendre des antalgiques et des anti-inflammatoires.
Ca va mieux. La douleur est masquée… mais sans doute toujours présente.
Je ne vais donc pas forcer dans les prochaines semaines et plutôt me tourner vers la piscine pour laisser se reposer mes tendons.
Je tenterai une petite sortie en milieu de semaine prochaine probablement.

Mais déjà je rêve.
Déjà je me demande…
Quel est mon prochain objectif ?
Mon père avait affiché une phrase au dessus de mon bureau quand j’avais 14 ans :

Quel est mon objectif pour l’année prochaine ? Qu’ai-je fais aujourd’hui pour l’atteindre demain ?

Je crois que ça a déterminé toute une partie de ma philosophie de vie. Cette phrase est devenue un vrai guide… et le marathon a laissé un vide depuis lundi.
Un gros vide.
J’ai dormi marathon, j’ai mangé marathon, je suis sorti marathon, j’ai moins vu mes amis… marathon…
Marathon quand tu nous tiens…

J’ai souffert oui… mais pas autant que ce que j’aurai pu imaginer ou que ce que l’on m’avait raconté…
Recommencer ?
Sans doute oui…
Quand  ?
Je ne sais pas.

8. La collecte
En tout cas… le marathon a pour moi été plus qu’une expérience sportive. ça a aussi été l’occasion de partager ma solidarité pour la recherche contre le cancer.
J’ai ainsi pu collecter à ce jour 687€. J’ai laissé ouvert encore la collecte jusqu’à mercredi prochain… en espérant que des âmes généreuses veuillent participer à ce combat contre le cancer.
Je pense que la course à pied, il ne m’est plus possible de la concevoir sans ce double objectif : performance personnelle, et don de soi pour les autres.
Je cours pour moi, mais je cours aussi pour d’autres. Je ne veux plus courir sans partager.
Je veux sensibiliser les gens autour de moi, je veux faire comprendre qu’il est important de partager. Je veux que d’autres prennent le relais et collectent aussi autour d’eux.
Qui prendra le flambeau ?

A vous de me dire…

En tout cas… merci à tous pour votre soutiens : Caro, Bernard, Mireille, proches, collègues, runnosphère… sans vos encouragements, ça n’aurait pas été pareil alors MERCI !

A bientôt…

Franck



PS  :

1. vous pouvez toujours faire des don jusqu’au 27 octobre sur ma page de collecte : http://www.courircontrelecancer.org/francklargeault
2. quelques photos et vidéos dans les prochains jours viendront pour illustrer mes propos :)
3. Je sais que cet article est long, mais n’hésitez pas à laisser un commentaire, ça me fera plaisir.

22.10.10



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Voici la vidéo de l’arrivée du Marathon RATJ de Reims le 17 octobre 2010.

On voit deux coureurs arrivant juste avant moi… ils arrivent tous les deux de part et d’autre de la barre officielle des 3h00’00” mais tous les deux ont des “temps courus” en dessous des 3h. (2:59:59 pour le deuxième !).
Personnellement vous le savez, j’ai entendu le compte à rebours au moment où j’étais à l’angle. Ces 15 secondes de vidéo montrent donc les 15 premières secondes après les 3h de course…
Frustrant…
Je sprinte en donnant la force qu’il me reste dans ces derniers mètres. De toutes façons sur les courses je ne sais pas faire autrement, je sprinte toujours à la fin : j’aime me dire qu’il m’en reste sous le pied et que je passe en anaérobie sur les derniers mètres… parce que je peux !
Qu’est-ce que c’est 9 secondes sur 42km ? C’est moins de 0,25 seconde par km… la prochaine fois c’est sûr je viserai moins de 3h… mais il va falloir travailler dur !

Les antalgiques et anti-inflammatoires font bien effet. Je devrais aller à l’escalade Lundi soir… et reprendre l’entrainement mardi par une petite séance de fractionné sur courtes distances (des 200m je pense).
Ça me permettra de reprendre de la vitesse et des sensations, sans forcer pour autant.

Quelqu’un veut venir ?
Je ferai sans doute ça au stade Émile Anthoine (le stade d’accueil au départ du Paris-Versailles pour ceux qui l’ont fait)

24.10.10



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Dernier retour à Reims (1/2)

J’avais déjà dis que je posterai quelques photos et vidéo de Reims et du marathon.
Trois semaines après l’événement, je me surprends à le faire, et je dois vous avouer que j’ai versé quelques larmes en revoyant ces images.
Je vous présente ici la vidéo du km 38… le “ça commence à tirer un peu fort”… J’ai lâché mon partenaire de course 601 depuis 3 km environ… et on le voit passer à la fin de la vidéo (à 30” environ)
Mon père me dit que je suis censé arrivé “en 2h58”, mais à ce moment de la course, je savais déjà que je commençais à faiblir, j’ai brièvement regardé ma montre et je pensais arriver en 3h… 2h58 me paraissait déjà un peu prématuré ! La prochaine fois ! On entend un passant dire “tant qu’on peut parler c’est que c’est bon”… je pense que c’est tout à fait juste !

09.11.10



Dernier retour à Reims (2/2)

Voici les quelques photos qui m’ont fait verser une petite larme en les voyant. Une chose est maintenant certaine, je referai un jour un marathon tellement les émotions sont fortes en revivant ces moments. Tous ces mois de labeur, de course, d’envie et de souffrance ont su véhiculer tellement de plaisir…
J’ai hâte d’être rétabli et de pouvoir courir à nouveau… en attendant, ce soir, escalade !

09.11.10



Le Marathon de Paris : Quel pied intégral

Il y a quelques semaines, Bastien a gagné sur Jiwok un dossard pour le Marathon de Paris. Ne pouvant être sur la capitale ce jour là, et après quelques hésitations de ma part, il me l’a donné ! Merci beaucoup Bastien : grâce à toi j’ai vraiment passé une très belle journée.

David était en plein entrainement depuis plusieurs semaines pour boucler son Marathon sous les trois heures. Il m’a dit une fois “si tu le fais, je vais avoir la pression, va falloir que je me bouge” et j’ai retâter le terrain en lui disant que ça ne faisait pas partie de mes objectifs de l’année ce marathon de Paris, même si je récupérais un dossard, la réponse “oui mais même, le fait de savoir que tu seras là…” J’ai donc soigneusement choisi de ne pas lui dire que Bastien m’avait gentiment donné son dossard… Et jusqu’à la ligne d’arrivée, David n’a rien remarqué, mission accomplie !

J’étais quand même dans le doute : on s’est entrainé deux fois la semaine dernière ensemble, genre sortie longue de 27km et une sortie de 8km, curieux pour pour faire des 10km :) j’ai le même plan que lui exactement ! Curieux aussi le régime dissocié ! Mais la ruse à tenue…

Elle a tenue, mais pas devant tout le monde : c’était un secret de polichinelle pour certains ! Virginie était dans la confidence, et David Leurion, le podologue l’était aussi, tout comme Bastien bien évidemment… et en fait quasiment toute la runnosphere… Lors de la dernière Pasta Running Party, j’ai rougi comme une tomate lorsque Nicolas (alias Noostromo) m’a demandé “et toi tu le cours dimanche ?” avant d’ajouté “de toute façon j’ai regardé ton numéro de dossard !”. Et Maya d’en rajouter le lendemain : “je vois le marathon dans ton calendrier Google, c’est normal ?”. Hum !

J’avais donc un beau dossard rouge 3h00, mais Baptiste mon coach m’interdit formellement lors du Running Expo de faire moins de 3h20… il me demande de mettre le frein à main sévère, le Marathon n’est pas un objectif de cette année, je suis là pour me faire plaisir ! Il ne faut pas oublier les 10 000m qui arrivent à grand pas (le premier dans 3 semaines seulement !)

Levé à 5h30, après s’être couchés à 23heures… comment ai-je fais pour me coucher si tard une veille de marathon ?! Toujours est-il que le levé est difficile mais supportable. J’avais préparé la veille mon Gatosport au Spéculoos (qui est ma foi très réussi). J’avais préparé la veille l’ensemble des affaires que je pensais emporter, mais sans en faire vraiment le tri. J’ai choisi de faire le marathon en autonomie totale : j’ai donc pris mon Salomon Advanced Skin XT S-Lab rempli d’un litre d’eau environ, un gel Mulebar Appel Strudel, 2 antioxydants Overstims Abricot Pêche, 1 Energix Vanille, 1 Energix fruit des bois, un coup de fouet et un sprint air (tout ça ! mais j’ai pas tout consommé !). Vers 7h35 Caro se lève pour refaire mon strapping du tendon d’Achille qui était vraiment trop serré (mon running de 20 minutes de la veille m’a bien servi à le jauger…). Et me voila parti vers 8h00 en route pour le grand départ. Quelques touristes aiguillés dans le métro, me voila à George V. Et je m’échauffe.

Je rentre dans le sas 3h en escaladant la barrière, le sas des privilégiés refusant de faire entrer les trois heures, ce qui aurait été beaucoup plus pratique… je grimpe donc  au dessus des barrières, et me voila fin prêt pour le départ. GPS OK, shoe Pod Ok, heartrate monitor ok… Nike Sportwatch Ready to GO !

 Le départ est lancé et je ne me rend pas encore bien compte de ce qui va se passer pendant ce marathon. Je passe la ligne de départ quelques 50 secondes après le coup de pistolet (donné cette année par l’ambassadeur du Japon après 1 minute de silence pour les victimes du cataclysme). Dans la descente de l’avenue des champs Elysée, je prends quelques secondes pour me retourner, un des coureur dans le sas de départ me l’avait conseillé. Et là, je commencer à réaliser ce que c’est que d’être sur un “grand” marathon. Je comprend cette sensation d’être en bas d’une des plus belles avenues du monde, de la voir remplie de coureurs et de se dire : “on est là, tous ensemble, différents, mais réunis pour une même course”. J’ai le sourire au lèvre, ce sourire ne me quittera pas avant le soir, et le moment où je me suis endormi. Le premier kilomètre est avalé en 4’19”.

Nous voila place de la concorde, rue de Rivoli, on avale les tuileries. Je me place à gauche, et j’ai la bonne surprise de voir Caroline et Mireille au croisement du boulevard Sébastopol et de la Rue de Rivoli. Premiers soutiens, sourire continue… tout va bien. Et une première vidéo !

J’arrive place de la Bastille et je double sous l’arche de chronométrage des 5 kilomètres une des associations porteuse d’enfants.
On me voit d’ailleurs très bien sur France trois ! (à droite de l’écran parmi les hommes en orange en train de slalomer !)

500 mètres après la bastille je remarque le maillot d’un Front Runner, l’association qui a organisé la course de la Saint Valentin, je me rapproche pour dire bonjour et merci dans l’euphorie… et nous nous mettons à bavarder tranquillement. Tellement tranquillement que nous arrivons déjà à l’entrée du bois de Vincennes. Jean-Pierre me dit que les pompoms girls des frontrunner seront de la parties à deux endroits au moins ! Et ça ne manque pas… un ravitaillement plus loin plein de pompoms en trans ! (jeu de mot pourri certes). Le bois de Vincennes est assez calme et sa traversée pour moi n’est marquée que par la présence dérangeante d’un coureur déjà en détresse, nous sommes au 14ème kilomètre et la couverture de survie est déjà de sortie. Je suis très triste pour ce coureur.

Jean-Pierre et moi sortons du bois de Vincennes sur les bases d’un 3h12 environ, ce qui me convient très bien… On ne sait pas ce que la fin d’un marathon nous réserve, mais je suis tellement bien que je n’y crois absolument pas et au pire si je craque je m’arrête… mais tout va bien.

La sortie du bois par Charenton me réserve deux surprises : tout d’abord mes supportrices préférées sont là pour m’encourager ! Surprenant, je ne m’y attendais pas du tout à cet endroit là ! Quel réconfort ! Je souris, je suis à l’aise. Et ça nous donne une nouvelle vidéo ! On y voit d’ailleurs égalent un Jean-Pierre souriant !
Quelques hectomètres plus loin, j’ai la joie de croiser mon grand pote Stéphane, qui s’est levé spécialement lui aussi pour venir voir défiler le marathon ! Quelle chance de le croiser là, c’était bien sympa !

Nous voilà avenue Daumesnil et le semi-marathon est en vue. Nous passons à ma montre à 1h35’15” sous l’arche. Jean-Pierre se ravitaille dès qu’il peut alors que je file devant. Je commence à regarder comment gérer “l’attente” à la sortie des ravitos. Je regarde derrière moi, j’encourage, et hop on reprend au bon train.

Le deuxième passage sur la place de la bastille est magique ! Tout ce monde qui est maintenant massé tout autour de nous, toute cette foule ! C’est impressionnant d’émotions ! Je souris, je ris, je prends énormément de plaisir. Je ne souffre pas de la chaleur, car ma poche source me permet de m’humidifier la bouche dès que j’en ai envie. Et une ou deux petite gorgées tous les deux kilomètres, c’est très efficace. Je préfère largement ça à l’obligation de se ravitailler tous les 5km.
Le boulevard Bourdon est un entonnoir de supporter ! Génial ! On est encouragés, soutenus.

C’est au ravitaillement proche de la station de Sully-Morlan que je perds Jean-Pierre, je file en allégeant ma foulée dans la première descente vers les quais de Seine. La température commencer à forcer et l’ombre est toujours la bienvenue. Sous le pont au change, je reconnais un ami que je ne m’attendais pas à voir : Pierre-Olivier ! Je pense que je l’ai surpris en lui tapant sur l’épaule comme ça ! Mais c’était assez magique de le croiser dans cette situation inattendue !

Je suis rejoins par un des meneurs des 3h15 juste avant le grand tunnel. Et je comprends que j’ai légèrement levé le pied depuis quelques kilomètres (que j’ai d’ailleurs fais en 4’40”), je relance un peu l’allure me sentant repousser des ailles. Mais les à-coups des tunnels sont fatigants, il faut vraiment se relâcher dans la descente, s’économiser dans la montée en faisant de plus petites foulées, et relancer en sortie de tunnel…

Vers le 27ème kilomètre l’ARC est postée avec une petite fanfare ! Je les encourage à mon tour par un bons “Aller l’ARC !” Mes pulsations sont toujours aussi basses : 158, je suis vraiment bien, et je comprends que l’enjeu du marathon ne va pas être de finir, mais de bien finir en aidant les autres à bien finir. Place du Trocadéro un stand massage, j’hésite un instant à m’y arrêter : mes cuisses sont assez douloureuses depuis près de 15 kilomètres. Habituellement ce ne sont pas ces muscles qui m’offrent de la douleur, mais plutôt mes mollets… curieux !

Passage devant la maison de la radio, la foule est ici bien trop tranquille ! Une foule qui n’encouragerait pas les coureurs que je vois souffrir ! Ah ça non, ça ne va pas du tout ! Je pousse donc mon premier “Allerrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !”. La foule me répond ! C’est bon j’ai compris ! Ca va être question réponse sur 12 kilomètres ! Génial ! “Alleeeeeeeeeeeeer !” — “Alleeeeeeeeeeeeeer !” cool ça marche la foule qui pousse à nouveau les coureurs ! c’est top !

Les 30 - 33ème kilomètres sont fatals à beaucoup : je vois énormément de coureurs s’arrêter, marcher, souffrir n’en plus pouvoir : je me retourne : j’encourage, je tape dans le dos : je relance ! aller ! Aller on y va ! Plus que 10 kilomètres, facile! On y va les gars ! Dans 45 minutes c’est fini ! Dans 45 minutes vous êtes sur la ligne.

Le stade de Roland Garros : première fois que j’en approche si près ! Je n’ai jamais vu un match de tennis, les travaux vont bon train ! J’entre dans le bois de Boulogne, les ailes poussent le long de mon dos, je suis toujours aussi bien ! Je croise à nouveau Caroline et Mireille : un main qui se tend je la tape ! C’est l’esprit et la joie dans laquelle je suis ! ce qui nous donne cette vidéo !

Me voila dans Boulogne au 36ème : plus que 6 km ! Et là magie encore ! Je harangue les foules, il faut encourager tous ces runners qui ont du mal à poursuivre leurs efforts ! Il faut les pousser à continuer ! Je croise Nicolas et Clara au 37ème km que je surprends ! je suis dans un état second d’ébriété de course pleine d’adrénaline ! Cette rencontre me vaut une magnifique photo ! Je cours même à l’envers pour quelques mètres pour profiter d’eux !

Juste après le 37ème, j’encourage encore quelques runners en perdition et l’un d’eux réagit ! Il ne parle pas français ! Je commence donc à entamer la conversation en anglais : Mathew vient de Londres. Il est fatigué : je l’encourage et lui demande quel temps il vise. Ce sur quoi il me répond qu’il veut se qualifier pour Londres (non : pas les JO) en moins de 3h10. Je lui répond donc aller, vient on va aller les chercher les 3h10. Je prends donc un gel (et fait tomber mon Mule bar ! :( ) Et je me lance un peu. On allège encore la foulée ! On est bien ! Matt parfois se perds un peu derrière moi, je crie alors pour qu’il me rejoigne. Il fait l’effort à chaque fois. Je ne baisse pas le rythme et l’encourage “Come on man, we’ll make it”. Il sourit, fatigué. Nous passons le 38ème kilomètre, plus que 4 et il nous reste 19 minutes pour remplir l’objectif ! “Facile” ! Tout s’enchaine vite, les kilomètres ne se sentent plus c’est l’euphorie de l’arrivée qui pointe son nez.

A plusieurs reprise je lance des “Allerrrrrrrrrrrrrr” pour faire réagir la foule ! Et tant que ça ne bouge pas je continue ! J’y perdrais presque mon souffle mais qu’importe, je suis là pour le plaisir ! Mais qu’importe, le plaisir est au rendez-vous, c’est magique ! Les deux derniers kilomètres, mon sac est quasiment vide de son eau. Je peux donc me laisser aller. 41km… je vole. La place Dauphine est au bout, je lance de belles et longues foulées ! Je crie à la place de s’agiter, de s’émouvoir de ces coureurs ! “Alleeeeeeeeeeeer” “Alleerrrrrrrrrrrrrrrrr” ! Le sprint final se fini sur la ligne par une révérence aux photographes et en tapant dans la main de la mascotte ! Je suis ému au larmes, le sourire est grand ! Je me précipite déjà presque en trottinant vers la sortie. Je suis félicité par Matt qui m’a promis de me recontacter, et alpagué par un autre coureur qui me remercie d’avoir lancer la foulée, il a pu m’accrocher pour finir sous les 3h10.

Je m’empresse de rejoindre le repère R comme Runnosphere ! Je vois un David fatigué, et la question fatidique tombe : “Alors ?” Alors 2h59’05” ! Je suis tellement heureux ! l’objectif est atteint malgré la souffrance et la douleur, malgré l’arrêt et les blessures ! Salvio, Philippe, Christophe, les parents de David, et Virginie sa groupie ! (qui a largement pris soin de moi cette semaine en respectant à la lettre mon régime dissocié !). Les étirements vont bon train ! Je suis rejoint par Caro et Mireille…
David et moi n’avons pas encore eu le temps de partager complètement l’euphorie des moments passés, mais nous savons déjà qu’il y aura sans doute des moments d’euphorie à venir.

J’ai déjà hâte de m’élancer sur d’autres défis, plus fous, plus beaux, plus vite, plus haut… Mais je rêve encore.

Nous nous en allons 45 minutes plus tard après avoir déjà partagé un peu chacun notre course. Je regrette de n’avoir pas vu Seb, Greg et Mathes

Le repas du midi a été quand même bien appréciable : Cochon de lait sauce aux champignons avec ses pommes de terres, et un biscuit chocolat-praliné, avec de la crème de Marron (c’était au chien qui fume en face des halles et c’était délicieux) !

Le résultat donc : 3:09’34” réel 3:10’24” officiel

Merci donc à :
Caroline pour les photo/vidéo/bisous à l’arrivée
Mireille pour les cris, les “c’est tout bon”, mais pas les photos (quoi que la seule que tu as réussi à prendre est géniale…)
David… il y a trop de chose à dire… trop de choses qui passe pour les résumer
Jean-Pierre des Front runner : grâce à toi, j’ai pris beaucoup de plaisir à avancer à un rythme sain en début de course
Stéphane : la prochaine fois c’est moi qui vient t’encourager, ou te servir de lièvre sur un marathon !
Pierre-Olivier ! La bonne surprise
Clara et Nicolas pour la magique photo où ça plane pour moi !
Virginie : ma presque nutritionnistes !
Salvio et Philippe pour le super moment à l’arrivée
La Runnosphere ! (Sans vous on ferait rien)
Et je félicite aussi :
Sebastien
Mathes
Greg
Tous les autres marathoniens !

11.04.11



Marathon de Paris : Toutes les photos !

Salut à tous,

je vais essayer de centraliser ici tous les liens des photos du Marathon de Paris 2011 que je pourrais trouver sur la toile.
Si vous avez d’autres galleries à partager, n’hésitez pas à me le signaler dans les commentaires je les rajouterai à la liste.

Officielles

Picasa

Flickr

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Autres

Vidéos YouTube

edit : MAJ à 17h07
edit : MAJ à 20h13 avec 2 albums FB
edit : MAJ à 22h30 avec les photos de Julien Durden
edit : MAJ 13/04/11 : ajout des photos de OnlyPhotos
edit : MAJ 15/04/11 : ajout Mika & ASO

N’hésitez pas à contribuer en me donnant les liens d’autres galeries !

12.04.11



L’alimentation du sportif - les cycles énergétiques et le régime dissocié : un menu marathon

J’ai découvert le régime dissocié lors de mon premier Marathon. Et en cette dernière semaine avant le Maratrail de l’Ubaye ayant lieu dimanche prochain… Je voulais vous donner mon menu !

Un des collègues de mon père m’avait recommandé cette pratique disant que cela lui avait toujours plutôt réussi. N’ayant que peu d’expérience en course à pied, j’ai recherché ce qu’était ce régime, j’ai compris sa logique et je l’ai appliqué, bêtement, mécaniquement, sans réfléchir.

Mon premier marathon s’est révélé être un succès (entaché de 9 secondes), et l’alimentation qui l’a précédé a pour moi été en partie lié à ce succès, du moins, cette alimentation s’est révélé être un facteur facilitant : un catalyseur de ma course.

J’ai depuis réitéré l’opération avant chaque grande course : le trail des forts, le marathon de Paris, et je compte bien recommencer à chaque fois que j’ai un effort de plus de 2 heures à fournir. En deçà, je ne compte pas appliquer ce régime qui est tout de même contraignant.

Le principe (je précise qu’il s’agit ici d’une simplification à outrance) :

Les musclent fonctionnent avec trois types d’énergie :

1./ l’énergie contenue directement dans les cellules peut être brulée sans oxygène c’est le cycle anaérobie (non pas aérobic… je ne suis pas en body rose fluo quand je cours…) : on produit alors de l’acide lactique, et ça nous provoque des crampes. Ce cycle énergétique sert principalement pour les efforts explosifs comme les sprints.

2./ L’énergie glucidique : l’énergie qui provient des sucres lents. Pour cela on a besoin d’oxygène pour bruler cette énergie. Ce cycle énergétique est le plus efficace.

3./ L’énergie lipidique : énergie qui provient des graisses que l’on brule. Ce cycle énergétique est moins efficace que l’énergie glucidique et se met généralement en place après qu’il n’y a plus de glucide à bruler.

Ce sont ces deux derniers cycles d’énergie qui interviennent dans la course à pied et les efforts d’endurance en général. D’ailleurs, lorsque les coureurs du marathon se “prennent le mur” vers le 30/35ème kilomètre c’est parce qu’ils passent d’une des réserves énergétiques à l’autre : on passe du régime glucidique au régime lipidique. Le carburant étant moins efficace, le coureur ralentit…

L’énergie provenant des lipides étant moins efficace, l’objectif de l’athlète est de toujours fonctionner sur le “moteur glucidique”. Il faut donc maximiser les réserves en glucide du coureur. Pour cela il y a plusieurs méthode, et l’une d’entre elle, généralement bien utilisée mais méconnue pour cet effet : la sortie longue. En effet, la sortie longue, en plus de développer les capacités à courir longtemps sans se fatiguer, permet de “vider les batteries” :  on vide les réserves de glycogène (glucide si on schématise) musculaire, ce qui fait que mécaniquement ces réserves vont se regonfler à bloc par la suite , et c’est comme cela qu’on peut augmenter la taille globale de ses réserves : on vide, on remplit, on vide on remplit… et le corps s’adapte : il vide plus longtemps et remplit plus gros…

Et le régime dissocié dans tout ça ?

Le même schéma est utilisé pour le régime dissocié en gros, mais en démultipliant son action pour maximiser son efficacité sur un temps très court : on va forcer le corps à se vider de l’ensemble de son glycogène musculaire, et par effet de manque, le corps va réagir et dès qu’il aura à sa disposition de quoi régénérer ce glycogène, il en créera en plus pour compenser le manque : c’est la néoglycogénogénèse (oué oué ! Ça en jette hein)

On effectue une sortie longue à J-8 pour avoir bien les batteries à sec dès le début ! (ce que je n’ai pas fait hier…)

Lors des trois premiers jours du régime (J-7-> J-5 inclus) on ne mange que des protéines, peu de lipides (graisses), quelques fibres,  et PAS DU TOUT de glucides (le strict minimum pour pas faire d’hypoglycémie !)

Les trois jours suivants, on recharge les batteries à bloc en ne consommant que des glucides (sucres lents) ou presque !

Le Menu

Le programme que j’adopte est donc le suivant :

Les trois premiers jours sont à base de salade verte, poisson, viande (blanche de préférence), œufs.

J-6

Matin :

  • Thé/café sans sucre
  • Omelette (2 œufs)
  • Une tranche de jambon

Midi

  • Filet de dinde grillé (pas de graisse pas de sauce)
  • Haricots verts (un peu de fibre en début de semaine qu’on élimine par la suite)
  • Salade verte
  • Yahourt nature sans sucre (les sucrettes/édulcorants sont autorisés)

Soir avant dîner :

  • Footing 40’

Soir

  • Salade de saison (salade verte thon maïs tomates pickles petits oignons… ce qui vous fait plaisir)
  • Un petit morceau d’emmental
  • Faisselle nature

J-5 

matin

  • Thé/café sans sucre
  • Deux œufs durs
  • Quelques crudités

midi

  • Poulet grillé
  • petits pois
  • Salade verte
  • Fromage blanc 0%

soir

  • Salade verte avec quelques germes de soja
  • Filet de poisson grillé
  • Yaourt nature

J-4

matin

  • Thé/café sans sucre
  • Œufs brouillés
  • Tranche de jambon
  • Yaourt (si encore faim)

midi

  • Salade verte
  • Cote de porc sans sauce
  • Carottes vapeur
  • Yaourt

avant dîner : Footing 30’. ATTENTION : lors de ce footing, vous épuisez vraiment toutes vos dernières réserves, il faut donc être très vigilent quant au risque d’hypoglycémie… la fatigue est très présente et c’est normal…

soir

  • Salade verte (oué on adore ça hein : c’est léger, c’est bon et ça remplit le ventre :-D)
  • Steak haché
  • Faisselle nature

La deuxième partie de semaine est à base de glucide lent : riz/pâte/blé etc…

J’y rajoute personnellement un surdosage en eau : j’ai tendance à boire peu d’eau durant ma journée, mais là je me force à boire au moins 1,5 litres au cours de la journée en dehors des repas, en ajoutant à mon eau une dose de maltodextrine. (vous trouverez cela en poudre chez les spécialistes de course à pied, toutes les grandes marques de produits alimentaires pour sportif en font…) On garde des repas du soir plutôt léger… pour se sentir d’attaque le matin

J-3 

matin

  • Deux tranches de pain avec de la confiture (non non, on ne craque pas sur le Nutella ! Trop de graisse dans le Nutella pour être consommé à cette période là ! Ne zieutez pas le pot ! On vous a dit non !)
  • Thé/café avec du sucre
  • Compote de fruit

midi

  • Blé (généralement il y a des fibres dans le blé c’est pour ça qu’on préfèrera le placer le jeudi et pas après) et sa sauce
  • Salade verte
  • Bavette à l’échalotte
  • Riz au lait

soir

  • Lasagne
  • Salade
  • Gâteau de semoule (et si vous voulez un carré de chocolat… mais bon celui là vaut mieux le manger avec votre café le midi plutôt)

J-2 

matin

  • Quatre quart
  • Café/thé avec du sucre
  • Compote de fruit

midi

  • Poisson en sauce
  • Riz
  • Salade
  • Fromage
  • Barre de céréale

soir

  • Salade
  • Quiche Loraine
  • Fromage blanc avec (beaucoup) de crème de marron (parce que j’adore ça)

J-1 

matin

  • Croissant (il faut aussi savoir se faire plaisir)
  • Biscotte (et savoir compenser) avec confiture
  • Thé/café sucré

midi

  • Semoule
  • Salade (oué on aime toujours ça)
  • Quelques petits légumes en sauce
  • Boulettes de viande
  • Riz au lait au caramel

après midi

  • Footing 25 à 35 minutes

soir

  • Pasta party : pâte… avec encore des pâtes et vous reprendrez bien un peu de riz aux pâtes ? (non sans blague : il faut y aller molo et pas trop charger l’organisme la veille de la course… la digestion pendant la nuit de veille de course doit rester très facile donc n’hésitez pas à vous servir un peu moins que ce que vous auriez pris pour avoir le ventre complètement plein !!)
  • Gâteau de riz en dessert

Jour-J

compétition

  • Lever 3h30 avant la compétition au moins (je préfère 3h45)
  • Barre de céréale
  • Demi tasse de thé sucré
  • Gâteau de l’effort sportif (type gatosport)
  • Grosse pause aux toilettes… même si on a pas du tout envie… moi je me force (je sais c’est pas glamour à lire… mais…) c’est la seule technique que j’ai trouvé pour parer aux ischémies intestinales qui sont pour moi une plaie et pourraient m’empêcher de bien performer !

Jusqu’à 20 minutes de la compétition, je prends une boisson d’attente (celle de nutratlétic).

… après c’est l’alimentation en compétition qui prends le pas… et elle fera l’objet d’un autre billet.

Autour du régime dissocié…

La première partie du régime est difficile à négocier. Le premier jour, tout va bien généralement, en revanche, à partir du deuxième on commence à se sentir fatigué, et c’est tout à fait normal : votre corps est en train de bruler vos graisses et certains de vos protides (et c’est un des autres avantage du régime : il permet un affutage rapide avant une grosse compétition, j’ai ainsi systématiquement constaté des pertes de poids pouvant atteindre les 4kg sur les 3 premiers jours de régime ! Heureusement, ce poids est très rapidement repris durant les 3 derniers jours, sans l’être complètement néanmoins) : on utilise une filière énergétique assez différente de ce que l’on utilise généralement, et c’est très éprouvant. Le troisième soir on est généralement vraiment fatigué, surtout qu’on effectue généralement ce soir là le dernier entrainement avant la compétition : le manque de glucide est réellement ressenti… mais il ne faut pas craquer !

Certains y croient, d’autres n’y croient pas, certains disent que c’est un choc énorme pour l’organisme et que malmener son corps si proche d’une compétition est une bêtise… certains disent qu’on ne peut le faire que deux fois par an…

Ce que j’ai pu constater : ce régime a été efficace à chaque fois que je l’ai fait. Il ne me traumatise pas, et il m’oblige même à me reposer sur la première partie de semaine : je gagne en temps de sommeil… ça aide pour être en forme le jour J. Je l’ai répété deux fois avec succès en moins d’un mois…

Je n’encouragerai personne qui ne veut pas tenter l’expérience à faire ce régime parce que toute la première partie jusqu’au mercredi est tout de même assez éprouvante… la seule chose que je peux dire : sur moi, ça marche… après est-ce plus psychologique que physiologique…

Et vous, est-ce que vous faites quelque chose de particulier avant les grandes dates ?

01.08.11